« Tout abuseur sera abusé » Le recueil d’apophtegmes et axiomes (1855)
Cet article se veut la suite de mon onzième article intitulé « Devrais-je l’informer » dans lequel j’ai exhorté les gens à réfléchir mille fois avant d’informer que ce soit une amie, ou un membre de sa famille d’une liaison que leur partenaire entreprendrait avec quelqu’un d’autre.
Une petite fille assise en Indienne à même le sol de son salon était en train de lire la « Fortune de Gaspard », un livre de la bibliothèque rose. Perdue dans sa lecture, elle n’a pas entendu arriver un ami de la famille, qu’on va appeler Jérôme. Il s’est assis dans le salon, en face d’elle et lui a demandé de toucher son pénis, pétrifiée elle ne pouvait ni bouger, ni parler, les larmes commençaient à monter, l’inquiétude qui se lisait sur son visage était à fendre le cœur. Elle regardait autour et en arrière d’elle, était-ce sa façon de crier à l’aide ou craignait-elle que sa famille n’arrive et la chicane, malgré qu’elle ne soit coupable de rien? Face au refus de la petite-fille, Jérôme a commencé à se masturber devant elle. Figée au sol, elle a été obligée de le regarder se donner du plaisir et après avoir éjaculé, il l’a ordonné de tout nettoyer. Elle a dû frotter encore et encore pour ne laisser aucune tache.
Elle vivait dans la peur de se faire chicaner au cas où ses parents arrivaient à l’apprendre, car elle savait pertinemment que personne ne la croirait. Comment arriverait-elle à expliquer ce qui s’est passé ? Ces questions revenaient en boucle dans sa tête s’il se mettait à recommencer, vers qui irait-elle, qu’est-ce qu’elle devait faire si cela arrivait à se reproduire? Devant tant de questions sans réponse, elle a commencé à le fuir et à éviter de rester seule avec lui.
Jérôme sachant combien la peur l’empêcherait d’en parler à quiconque continuait de venir à la maison, comme si de rien n’était, il mangeait la nourriture que la mère de la petite fille lui laissait tous les jours. Il était l’ami de la famille et du grand frère, qui oserait penser du mal de lui ou le soupçonner d’un tel acte?
Elle a vaincu sa peur quand l’une de ses sœurs a commencé à fréquenter Jérôme, elle lui a écrit une lettre pour lui raconter ce qui s’était passé et Dieu merci elle a mis fin à la relation.
Qui sont les agresseurs : l’agresseur sexuel peut être un conjoint, un ami, une connaissance, un voisin, un membre de la famille, un client, un patient, un inconnu. Presque exclusivement ces agresseurs sont connus de la victime : http://calacsrivesud.org/agressions/qui-sont-les-agresseurs/#:~:text=L’agresseur%20sexuel%20peut%20%C3%AAtre,Bref%2C%20n’importe%20qui
On n’oublie jamais les abus subis, on dirait qu’à chaque stade de sa vie, les souvenirs vont et viennent avec des intensités variantes. On vit avec des sentiments mitigés allant de la haine au pardon, du pardon à un sentiment de vengeance, de la souffrance à de la culpabilité, de la rage à l’impuissance.
À 44 ans aujourd’hui, c’est pour la première fois que mes parents ainsi que certains membres de ma famille prendront connaissance de cette partie de ma vie. Cette personne-là, je n’arrive toujours pas à lui parler, mais j’ai mis en pratique ce que dit Matthieu 18 : 21-22 : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : « je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois ».
CONSEILS
- Je sais que plus d’un a vécu une histoire comme la mienne ou pire encore, existe-t-il une formule magique de guérison vous aidant à passer à travers toute cette souffrance? Je ne pense pas, c’est un combat quotidien qui peut être long, certains n’ont malheureusement jamais pu remonter la pente parce qu’ils ont choisi de tout garder à l’intérieur d’eux. En parler c’est le premier pas vers une potentielle guérison. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide anonymement, auprès d’organismes concernés tels que l’IVAC : Sans frais, au Canada seulement : 1 800 561-4822 | Région de Montréal : 514 906-3019 ou https://educaloi.qc.ca/capsules/ressources-daide-et-daccompagnement-pour-les-victimes-dactes-criminels/ ou contacter la ligne-ressource pour victimes d’agression sexuelle au 1 888 933‑9007.
- Aux parents, développez dès l’enfance une certaine complicité avec vos enfants. Apprenez-les à vous faire confiance et à pouvoir tout partager avec vous, sans crainte de réprimande, ne minimisez jamais le moindre petit fait rapporté. N’oubliez pas que l’agresseur peut être un membre de la famille, un ami de la famille, un proche, une personne en qui vous avez entière confiance. Dans un cas d’abus, il ne faut jamais choisir le mari, le beau-père, le grand-père, l’ami à votre enfant. Qui va le défendre si vous ne le croyez pas? Vous l’offrez sur un plateau à son agresseur? Un conjoint, un ami, un parent qui ose abuser de votre enfant, peut-il prétendre vous aimer, envoyez-le, là où est sa véritable place, en prison. En refusant de croire votre enfant, vous devenez coupable au même titre que l’agresseur.
- Ne vous culpabilisez pas, c’est l’autre qui est coupable pas vous, ses menaces sont justes une façon de vous intimider et de vous réduire au silence. En le dénonçant, vous lui prouverez que c’est vous qui avez le contrôle. Ainsi vous éviterez qu’il fasse du mal à une autre personne.
- Si j’avais à proposer une sentence pour ces agresseurs, j’hésiterais entre une castration ou la prison à vie, mais qui suis-je pour prononcer une telle sentence ? Car nous connaissons celui qui a dit: À moi la vengeance, à moi la rétribution! Hébreux 10:30
Gardez en tête qu’une personne peut souiller votre corps, mais pas votre âme, à moins que vous lui en donniez le pouvoir.
La prochaine histoire peut être la vôtre, laissez-moi la raconter.
Un blog par vous et pour vous
Magguy,


