« Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir ».



Je me demande souvent pourquoi deux actes comparables en tout point, mais commis par deux êtres de sexes différents soient plus condamnables pour l’un que pour l’autre. Pourquoi la société décide que l’un doit être lapidé tandis que l’autre félicité?
C’est l’histoire d’une chrétienne du nom de Sabine, épouse fidèle et soumise, une femme que tous considèrent comme un modèle de vertu. Étant pentecôtiste, elle croit que le port des pantalons n’est réservé qu’aux hommes, est-ce pourquoi ces jupes et robes ne dépassaient jamais ses genoux, certaines fois elle devait se baisser pour ramasser son pan de robe ou jupe tellement longue, qu’elle s’enfargeait souvent dedans. Parlant de sa vertu, on disait souvent que si Jésus retournait aujourd’hui, elle serait la première à être sauvée. Par contre, son mari Sébastien, également un chrétien, travaillait tellement fort à remplir son arène comme s’il visait le livre Guinness des records. Les femmes, il les changeait plus souvent qu’il ne changeait de sous-vêtements. Il agissait au vu et au su de tous, sans aucun respect ni considération pour sa femme, il se foutait royalement de ce qu’elle pouvait ressentir. Pour ses amis, il était le modèle à suivre, ils l’appelaient « Le Macho ou Ti coq (le petit coq ou coureur de jupons) ». Sébastien prenait tellement plaisir à ce titre qu’il considérait comme son titre de noblesse, qu’il mettait un point d’honneur à le conserver. Sabine elle, se morfondait dans son coin, priant et pleurant jour et nuit pour ce mari, qu’elle aimait tant et à qui elle pardonnait encore, toujours et trop. Elle trouvait toute sorte d’excuses aux écarts répétitifs de celui-ci, soit qu’il souffrait d’une maladie inconnue, soit qu’il était possédé par le démon ou qu’on lui avait jeté un mauvais sort, soit qu’il n’avait pas eu beaucoup d’expérience dans sa jeunesse, ou qu’elle ne le satisfaisait plus, ou qu’il aimait les femmes parce qu’il a grandi parmi 7 femmes, etc., etc. que des excuses, elle les forgeait pour cacher sa honte et sa souffrance, pauvre Sabine. Savez-vous, bien qu’elle ait rempli ses fonctions d’épouse, selon ce que la bible l’a ordonné, c’est elle que la société accuse d’être la cause à l’infidélité de son mari? Hélas!
La sœur de Sabine, Sophia, vivant elle aussi une relation en tout point pareille à celle de sa sœur, a décidé de répondre œil pour œil, dent pour dent aux infidélités de son mari. Elle a conclu que c’était la seule et unique façon qu’elle avait de lui faire comprendre toute la souffrance qu’il lui infligeait. Elle disait à sa sœur comme elle n’était pas chrétienne, elle pouvait se faire justice elle-même et qu’elle se foutait royalement des opinions ou jugements des autres. C’est ainsi que pour se venger, Sophia a été en quête du plus beau mâle qu’elle a pu trouver pour une relation, Yvan. Yvan était instruit, éduqué, grand, très sociable, beau parleur, galant, chic et sensible, histoire de frapper plus fort que son mari. Sophia a attendu assez longtemps avant de pouvoir trouver toutes ces qualités chez une seule et même personne. Elle a atteint ses objectifs à 100 %, mais hélas, elle n’a reçu aucun applaudissement, aucune tape dans le dos, aucun titre valorisant comme son beau-frère. Malheureusement, elle n’a eu que des calomnies, des jugements et condamnations, des médisances, des gens qui la fusillaient du regard et la traitaient de pute, des amis et certains membres de sa propre famille qui la fuyait et qui encourageait son mari à la laisser tomber. Même Sébastien Ti Coq s’est permis de la juger, allant même jusqu’à demander à Sabine de couper le pont avec sa propre sœur. J’aime cette parabole de Mathieu 7 : 3 à 5 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. ». Voilà la réponse que Sébastien aurait mérité d’avoir.
Le mari de Sophia ayant pris un coup dans son égo, non seulement à cause du calibre de l’adonis que fréquentait sa femme, mais surtout parce qu’il était pointé du doigt par les autres qui ne comprenaient pas pourquoi il n’avait pas encore quitté cette Jézabel. Loin de ce que tous auraient imaginé, il a plutôt pris conscience de ses écarts et compris combien il avait fait du mal à cette femme qu’il disait aimer et a décidé d’être le mari le plus fidèle et aimant qui puisse exister. Sophia de son bord a également mis un terme à la relation avec son étalon, malgré elle.
Dans l’histoire ci-dessus, Sébastien et Sophia ont presque commis les mêmes actions, j’ai dit presque, car Sophia n’a eu qu’une relation extraconjugale, tandis que Sébastien lui collectionnait les femmes. Sophia fut sévèrement condamnée parce qu’elle est une femme, alors que Sébastien lui n’a reçu que trophée sur trophée, à cause de toute la liberté que son genre lui confère.
Que fait-on des sentiments ressentis quand on est trompé? L’aspect humain ne devrait-il pas davantage être considéré que celui du genre? Nous sommes des êtres humains avec un cœur et des émotions, qu’importe nos sexes. Si on se blesse, qu’importe notre sexe, notre couleur de peau, c’est du sang qui coulera de cette blessure, pas de l’eau pour les femmes et de l’alcool pour les hommes, c’est du sang rouge, point final. Ne ressentons-nous pas le même gros coup de massue dans le cœur, quand on est trompé et le cœur peut tout aussi bien pleurer qu’il appartienne à un homme ou à une femme. Pourquoi donc considérer l’homme comme un macho et la femme comme une putain? Arrêtons de minimiser la tricherie, la tromperie et l’infidélité des hommes en les normalisant. Dans le cas du couple de Sophia on dirait pauvre Macho marié à une putain. Quelle logique pourrait-il y avoir dans ce jugement?
De tout temps, cette différence sexuée a toujours existé, que ce soit au niveau social, professionnel, religieux, plaçant l’homme a un niveau supérieur de la femme. Les rôles et responsabilités de la femme sont souvent très bien définis dans toute société, ses responsabilités par rapport à sa famille, son rôle d’épouse et de femmes dans la société. Des règles et normes sociétales la catégorisent, règles et normes qu’elle doit respecter, car elle change de catégorie automatiquement qu’elle les viole. Ces autres catégories seront plus dégradantes les unes des autres, comme : prostituée, salope, femme facile, femme fatale, damnée, femme indigne, chienne et pute, pour n’en citer que celles-là.
Le stigmate de la pute est une expression utilisée pour non seulement garder la femme à l’intérieur de certaines limites définies comme normales, mais se veut également un instrument d’attaque contre l’autonomie des femmes, une façon de les empêcher de s’épanouir, de s’extérioriser, d’exprimer leur vrai sentiment et surtout de leur rappeler leur rôle de subordonnée et de les garder en laisse. Il peut aussi être utilisé comme un rappel aux normes dites standardisées à respecter. Mais qui a donné le pouvoir à ces hommes de définir ces règles? En existent-elles de pareilles pour eux?
Une chose qui m’intrigue toujours, il est normal qu’un homme déclare sa flamme à une femme, alors que si la femme le fait, l’homme peut être flatté, choqué (quand même à un degré moindre qu’avant), voire offensé si la femme ne correspond pas à ces critères. Est-il interdit de laisser parler son cœur et de faire le premier pas? Où est-il écrit que c’est à l’homme de faire le premier pas? Pourquoi certaines femmes sont encore gênées-elles de parler ouvertement de leur sexualité, de peur d’être jugées? Ou certaines d’étouffer leur appétit sexuel ou leur orgasme de peur du jugement de leur mari? Pourquoi certaines femmes attendent-elles d’être sollicitées par leur mari, alors qu’elles ont envie? Je vous dis qu’il n’y a aucun mal à entreprendre la relation sexuelle, vous avez le droit de démarrer la partie et sans crainte d’être jugée, car vous ne commettez aucun mal.
Beaucoup de femmes avec de féroces appétits sexuels sont appelées des nymphomanes, c’est quoi son équivalent au masculin? Allez-vous me répondre « obsédé sexuel », mais non, ce terme n’est pas seulement propre aux hommes, car on peut tout aussi bien l’utiliser en référence à une femme (une obsédée sexuelle). Tout ceci dénote du sentiment de jugement négatif des femmes, des expressions propres à elles.
J’ai 3 conseils à donner, un autre aux hommes, l’autre aux femmes et finalement aux autres qui jugent. Aux hommes, je dirai qu’il n’y a aucun honneur à être un macho, aucune fierté ne peut en découler, mais que de l’indifférence, de l’immaturité, un manque de confiance et d’objectif, de l’indécision, de l’incertitude, un manque d’estime de soi ou simplement une recherche de soi, de l’irrespect envers soi et envers les autres. Une personne mature et intelligente sait ce qu’elle veut et comment atteindre ses objectifs. Avoir beaucoup de femmes en même temps, requiert une gestion épuisante et onéreuse, un gaspillage d’énergie et surtout de santé. Donc arrêtez de vous comporter comme si vous avez tous les droits, que tout vous est permis et que vous avez reçu plein pouvoir de la société. Un homme qui respecte sa mère et l’honore devrait être capable de respecter toutes les autres femmes et plus particulièrement sa femme. Souhaiterez-vous voir votre mère souffrir autant à cause d’un homme? Femmes, chrétiennes ou pas, vous ne devez pas vous souiller, vous déshonorer, vous dévaloriser ou vous rabaisser pour réclamer ce qui vous est légitime. Vaut mieux perdre un mari que son honneur ou son âme. Qu’importe les stigmates dont vous êtes affligées, la partialité de la société à vos égards, ce ne sont pas ces règles qui vous définissent. Un homme qui n’est pas capable de vous être fidèle, ne vous mérite juste pas et n’est surtout pas digne de vous avoir. Les seules règles à suivre sont celles de Dieu et de la morale, les seules capables de vous permettre de marcher la tête haute et d’éviter de vous sentir inférieures. Aux deux genres (homme et femme), je vous rappelle que les mêmes émotions et sentiments vous habitent tous deux, si l’un peut ressentir la tristesse, la joie, l’humiliation, l’abandon, la trahison, l’amertume, la solitude, la dépression, l’autre également.
Aux autres, je leur dirai d’arrêter d’encourager ces hommes, en leur faisant croire que c’est normal d’avoir un nombre infini de femmes, et autant que vous le puissiez éviter ces propos négatifs à l’égard des femmes, car ce sont vos commérages, critiques et médisances qui alimentent et perpétuent ces jugements dégradants des femmes qui les dépouillent de leur droit et les font s’enterrer dans des mariages des plus tristes et dégradants, craignant les jugements des autres. N’oubliez jamais ce verset de Mathieu 7 : 1-2 « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez ».
« Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire Bonjour, on devrait leur demander pardon. La femme a été mise au monde pour s’arranger de tout et pour tout arranger. » Alfred de Vigny, 1797-1863
Je vous remercie de votre lecture et un merci particulier à tous mes lecteurs qui ont pris le temps de m’envoyer des commentaires et des messages, ce fut grandement apprécié.
N’oubliez pas, vos témoignages, commentaires sont toujours les bienvenus. La prochaine histoire pourrait-être la vôtre, laissez-moi le soin de la partager avec les autres dans la plus grande discrétion.
Un blog par vous et pour vous
Le sujet abordé ici mérite un long débat et j’invite les lecteurs/trices à s’y joindre. Au risque de me faire condamné, je me lance.
Dans ce texte bien écrit, il y a plusieurs points qui dévraient à eux seuls faire l’objet d’un article, mais je vais me contenter de commenter un seul point.
Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un fier homme. Bref, selon la glorification de Sebastien et l’humiliation de Sophia ne prouve en rien la supérioté des hommes. Je vais faire mon « Doc Mailloux ». Je pense que c’est une conception typiquement féminine qui n’a rien avoir avec les hommes. Ou comme dirait l’autre la source est ailleurs.
S’il y a une chose qui est le plus idéalisée dans le monde, et ce, dans toutes les culrures, c’est la femme. Cette idéalisation vient des deux sexes.
Les hommes qui se vantent de coucher plusieurs femmes ne le font que pour attirer l’attention. L’attention des femmes et non des hommes. Parce que c’est dans sa nature de vouloir montrer qu’il est le « mâle alpha » dans toutes les situations.
Parce que plus il se vante (vrai ou pas) plus il a de chances d’intéresser les autres femmes. N’oubliez que l’homme est un chasseur, un conquérant.
Ce comportement est beaucoup valorisé par la femme que par l’homme. L’homme est jaloux et la femme est envieuse. L’homme aura peur d’être la victime du macho mais pas la femme. Alors pourquoi ne pas encourager les autres hommes dans leur comportement pour garder son homme et se venger en passant de sa voisine. Une pierre 2 coups.
Sans risque de me tromper, les commentaires négatifs viennent probablement de hommes et de femmes fidèles ou moins enclin à l’infidelité. Les quelques rares exceptions sont ceux qui veulent y participer ou faire du tort.
Je ne vois en rien la supérioté de l’homme dans ce genre de comportement. S’il y a des hommes qui penses ça c’est qu’il sont aussi bêtes que le leur caleçon. Je dirais plutôt le contraire pour deux raisons : 1- L’être d’action parle peu 2- Qui vous dit que le chasseur n’a pas été la proie dans l’histoire? Les femmes sont trop malignes pour dévoiler leur jeu avant la fin de la partie.
Bref, la femme est idéalisée autant par les deux sexes. Donc entendre que notre idole mène une vie de débauche nous met souvent hors de nous d’où les commentaires négatifs sur les » Macha » et pas sur les Macho. Combien de fois avez-vous entendu la société valoriser les pères? Combien de fois avez-vous entendu l’indignation des gens face à des masacres impliquants que des hommes ? Il suffit d’une victime femme pour que le geste soit condamné? Combien de fois avez-vous entendu quelqu’un dire qu’il va voir l’infirmier et non l’infirmière? Combien de fois avez-vous entendu un enfant en larmes appeler son père et non sa mère?
Avant de me lancer la première pierre, il faut comprendre que l’humain ne critique que ceux qu’ils aiment. Donc si vous ne vous faite critiquer posez-vous des questions.
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Le débat est lancé, je laisse le soin aux autres lecteurs de réagir et de s’ouvrir. Mais, toutefois, vous me rejoignez en un point, le geste de condamnation face à une femme victime est justement causé par rapport à la vision que la société a des femmes qui sont considérées comme des êtres sensibles, vulnérables, faibles et non capables de supporter une certaine grande souffrance. Ce désir de tout le temps les consoler, comme si elles sont des éternels bébés. Alors qu’on entend souvent qu’un homme ne pleure pas, soit fort comme un homme, qu’un vrai homme n’est pas lâche, tiens-toi comme un homme et bats-toi comme un homme, ceci laisse moins de place à la compassion.
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Wow, Wow, Wow, félicitations et merci, car l’article a été lu, décortiqué et analysé dans son entièreté. Vos commentaires sont tous aussi bien appréciés et pourraient à eux seuls faire l’objet d’un autre article.
Merci de votre temps et n’oubliez pas de partager.
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