DEVRAIS-JE L’INFORMER

« Si un secret peut épargner celui qui le détient, il en est de même pour celui qui le réclame. Ne pas savoir c’était pouvoir » Isabelle Desesquelles

Pendant longtemps, je me suis souvent demandé, si j’avais bien agi par rapport à l’histoire qui va suivre, le temps et la maturité m’ont prouvé que j’avais finalement fait le bon choix.

J’avais une amie nommée Joanne, elle sortait depuis 2 ans avec Frédéric, qui fut son premier petit-ami. Johanne était jeune, inexpérimentée et en amour par-dessus la tête. Tandis que Frédéric, plus âgé, était mature et savait exactement ce qu’il cherchait. Johanne vivait un vrai conte de fées, le soir elle s’endormait avec en tête l’amour qu’elle éprouvait pour Frédéric et le matin, sa première pensée lui était réservée. Sa journée commençait toujours par un appel à Frédéric.

Un jour, un de mes amis qui par hasard connaissait Frédéric, a commencé à me parler de lui, il le décrivait comme quelqu’un qui mordait en plein dans la vie. Ce que malheureusement mon ami ne savait pas, c’est que Frédéric était le petit ami de ma meilleure amie Joanne. Mon ami me vantait les conquêtes de Frédéric, et Joanne bien sûr comptait parmi ce nombre.

Il disait combien Frédéric aimait les femmes jeunes, belles et naïves, à cause qu’elles étaient plus faciles à berner et à larguer. Il n’avait pas à se casser la tête pour inventer des millions de raisons pour les laisser tomber.  Il pouvait avoir 3 ou 4 petites amies en même temps. Il lui arrivait même de fréquenter en même temps des amies ou des sœurs, ou des mères et leurs filles.

Pendant que mon ami prenait plaisir à me raconter cette histoire, moi je pensais à Joanne. De comment elle serait anéantie, si elle apprenait tout ceci. Les jours suivants, j’ai passé mon temps à me demander si je devais informer Joanne, c’est quoi la meilleure façon et le bon moment de le faire. Je me sentais hypocrite et malhonnête et tout ceci pesait lourd sur ma conscience. Mais, plus les jours passaient, plus j’étais convaincue que c’était mieux que je ne lui en aie pas parlé.

À défaut de ne pas pouvoir lui révéler la vérité, il ne s’écoulait pas une journée sans que je rappelle à Joanne que dans une relation, il faut toujours garder les pieds sur terre d’éviter d’avoir une confiance aveugle en quelqu’un, qu’aucun amour n’est éternel, qu’un couple pouvait se séparer sans que ce soit la fin du monde.

Un soir, mon téléphone a sonné et au bout du fil, se trouvait une Joanne, tellement énervée, qu’elle avait du mal à s’exprimer. Quand finalement j’ai pu la calmer, elle a pu m’expliquer que son amie d’enfance Pierrette, qu’elle considérait plus qu’une sœur qu’une amie, était venue lui dire que Frédéric fréquentait une autre femme et qu’en plus, qu’il a osé lui faire des avances.

Malgré leur longue, honnête et belle amitié, Joanne a refusé de croire Pierrette, au contraire, elle l’a plutôt accusé d’être jalouse de leur relation et qu’elle a toujours su que Pierrette éprouvait des sentiments pour son Frédéric. Pas une seconde Joanne ne s’est mise en tête que Pierrette pourrait vouloir la protéger. Elle a donc jugé nécessaire et sage de couper le pont avec Pierrette.

J’ai tenté de lui faire voir raison, en lui posant ces questions : « Pierrette ne t’a-t-elle jamais donné une raison de douter d’elle? Pourquoi tu ne confrontes pas Frédéric? Pourquoi t’est-il plus facile de croire en l’innocence de Frédéric, au lieu de la confidence de Pierrette? Hélas, 3 mois après que Pierrette l’ait informé de l’infidélité de Frédéric, sans aucune raison et explication valable, Frédéric lui a envoyé un message lui faisant savoir qu’il mettait fin à leur relation. Sans aucune considération pour Joanne, juste un courriel sec et sans aucun semblant de remords ou de tristesse.

Joanne, a passé son temps à appeler encore et encore Frédéric, mais il ne répondait jamais, 4 fois elle s’est rendue chez lui, si ce n’est pas sa petite sœur, c’est son frère qui lui disait qu’il n’était pas là. Après avoir fini de verser toutes les larmes de son corps, elle a finalement admis que Pierrette ne cherchait qu’à la protéger et que le monstre était Frédéric.

Le plus triste de tout ceci est que Joanne et Pierrette ont sacrifié une belle amitié pour un amour sans lendemain. Joanne éprouvant beaucoup de honte par rapport à la façon dont elle avait traité Pierrette, n’a jamais trouvé le courage d’aller s’excuser. Pierrette ayant été touchée dans son amour propre, humiliée alors qu’elle croyait bien faire, n’a jamais voulu plus rien savoir de Joanne. Ferai-je le même choix à ce jour, oui avec beaucoup plus de convictions qu’avant ?

Ce que j’ai constaté, pour affronter certaines vérités, il faut être mentalement prêt et tout le reste se fera de lui-même.  Les signes d’une infidélité, d’un amour non partagé et de mensonges peuvent être devant nos yeux, mais on choisit de les ignorer, de jouer à l’autruche, ou on préfère tout simplement pratiquer le déni. Tout le monde n’est pas toujours prêt à faire face à la réalité.  Les raisons à ceci peuvent être légion, il se pourrait que ce soit par manque de confiance en soi, par peur de la solitude, un certain confort matériel ou le jugement de la société. Quelqu’un qui prend la décision de se séparer sans l’influence ou la pression d’une tierce personne assumera mieux sa décision et pourra mieux surmonter son chagrin parce que l’après-rupture sera déjà bien planifiée.

C’est noble de vouloir protéger un être cher de quelqu’un qui veut l’abuser ou lui faire du mal, mais est-ce que cet être cher désire la même chose? Certaines fois, il faut laisser la personne faire ses propres erreurs pour y tirer ses propres leçons. À force de vouloir l’influencer, ne risquez-vous pas de la pousser dans les bras de la personne dont vous voulez l’éloigner? Ne serait-il pas mieux de lui faire savoir que vous serez toujours là, qu’importe les circonstances, pour l’aider à recoller les morceaux? Ou que vos épaules seront là pour recevoir ses larmes et vos oreilles toujours prêtes pour l’écouter, même si vous savez que ce sont des mensonges qui ne reflètent la réalité.

Trop de belles amitiés se meurent, trop de familles se séparent à cause que quelqu’un a choisi d’ouvrir les yeux de l’autre sur la réalité. Certaines personnes préfèrent mourir aveugles, dans le déni ou dans un bonheur imaginaire au lieu de faire face à la réalité. Avons-nous le droit de les juger? Aucunement, car chacun est maître de sa vie et choisit comment il désire la vivre. Du moment qu’il se sent heureux, c’est ce qui importe.

Tout un chacun devrait apprendre à respecter le choix des autres. Devrais-je l’informer, non, car je la connaissais assez pour savoir qu’elle ne m’aurait pas cru, malheureusement, contrairement à Pierrette, je suis encore son amie ?

Quand je lui ai avoué que moi aussi je savais que Frédéric, était un coquin, un infidèle, et lui ai expliqué les raisons pour lesquelles je ne lui avais rien dit, figurez-vous qu’elle m’a remercié de ne lui avoir rien dit en m’avouant qu’elle serait sans meilleure amie à ce jour.

Tout un chacun devrait apprendre à respecter le choix des autres. Gardez en tête cette question si vous vous trouvez face à une situation comme la mienne avant d’entreprendre quoique ce soit

DEVRAIS-JE L’INFORMER

N’oubliez pas, vos témoignages, commentaires sont toujours les bienvenus. La prochaine histoire pourrait-être la vôtre, laissez-moi le soin de la partager avec les autres dans la plus grande discrétion.

Un blog par vous et pour vous

Magguy,

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2 réflexions sur “DEVRAIS-JE L’INFORMER

  1. J’ai fait le même choix que toi dans le passé. Dans mon cas, c’était le mari d’une amie. Je l’ai vu avec une autre femme au cinéma. Je me suis cachée entre les sièges pour qu’il ne me voit pas. Aujourd’hui, ce couple est divorcé depuis longtemps. Mon amie a refait sa vie. Je ne lui ai jamais dit que j’avais vu son mari bien avant leur divorce avec une autre femme. Non, moi non plus, je ne regrette pas d’avoir rien dit.

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